Vous n'avez jamais eu une envie intenable et irrépressible de partir? Loin du monde. Loin des gens.
Quitter un monde qui ne vous plait pas et en reconstruire un ailleurs, dans votre esprit? Dans vos désirs les plus lointains?
Moi, ça m'arrive souvent. A force de rêver constamment à un monde idéal, j'ai fini par me couper du monde extérieur.
J'ai fini par n'entendre plus personne, juste une petite voix dans mon c½ur, bizarrement proche de la mienne, qui me disait sans cesse:
"
Vas-t-en, vas-t-en, construis-toi une hutte d'indien dans une jungle remplie de koalas!"
"
Prends un bateau en direction d'une île déserte et apprends à devenir une vraie pirate!"
"
Caches-toi dans un avion en direction du Portugal et deviens une danseuse de tango!"
Évidemment cette voie intérieur, je ne l'ai jamais écoutée.
De toute façon, pirate, c'était pas aussi génial que magicienne. Ouaip. Moi j'ai toujours été un peu magicienne.
Je vivais des moments avant qu'ils n'arrivent, je devinais facilement ce que pensaient les gens...
J'ai toujours très bien entendu en faite. On a fait des tests, tout ça, et je n'avais aucun problème d'audition.
Je me refusais juste d'écouter les gens.
Seulement, je pars souvent. Loin, très loin. Seule.
Aujourd'hui encore, je n'écoute rien.
Les gens autour de moi ne sont que des points lumineux et flous, rayonnants dans une sorte de pluie sombre et lourde, qui tout à coup, se déverse sur le monde entier. Une aurore boréale imbibée de gouttes d'eau.
La nuit, lorsque j'étais petite et que mes parents trainaient pour sortir du restaurant, je pleurais souvent, ou à cause de la fatigue ou à cause d'une petite contrariété. Enfant gâtée? J'espère pas. (Malgré souvent de belles soirées.)
Mes yeux embués dans des larmes salés, me faisaient voire les points lumineux et flous des étoiles et des lampadaires qui se transformaient peu à peu en fusée ou en feux d'artifices.
C'est comme ça. Pour moi les gens sont comme ça. Beaux lorsqu'ils sont loin, flous et imperceptibles.
Le monde imaginaire dont je rêve tant, j'y suis à longueur de temps.
Je discute avec des cosmonautes de la reproduction des escargots dans un sous-marins.
Je nage dans l'espace avec des ratons-laveurs en mangeant de la barbapapa à la cerise.
Je rie des pingouins qui boitent dans les discothèques avec des morses bourrés.
On me demande souvent si je suis sur la lune. Ouaip. J'y suis. Et j'y reste.
Je rêve de tout et de n'importe quoi. D'amour parfois. De choses inimaginables. J'adore vraiment ça.
Au revoir. Je déménage à moitié. J'ai juste une deuxième cabane à idioties.
Qui ce trouve
ici.
Vous voyez, je m'en vais tout en restant là. Serait-ce une manie?